Les murailles de Benin City, l’une des anciennes merveilles architecturales de l’Afrique
17 sept. 2024Le royaume du Bénin (région de l'actuel Nigéria et non la république du Bénin, ancien Dahomey) datant du XIe siècle, était l’un des États les plus anciens et les plus avancés d’Afrique de l’Ouest.
Les murailles du Bénin et leurs environs ont été décrits comme « les plus grands travaux de terrassement du monde avant l’ère mécanique », une caractéristique merveilleuse créée par l’homme.
L’incroyable ville était un ensemble de terrassements composés de talus et de fossés dans la région autour de l’actuelle ville "Benin City", nommée « Iya » en langue Edo. Pendant plus de 400 ans, les murs ont protégé le peuple du royaume ainsi que les traditions et la civilisation du peuple Edo. Dans le magazine scientifique New Scientist, Fred Pearce a écrit à propos de la ville : « La muraille est quatre fois plus longue que la Grande Muraille de Chine et a nécessité cent fois plus de matériaux que la grande pyramide de Khéops. Il a fallu environ 150 millions d’heures pour la créer et c’est peut-être le plus grand phénomène archéologique de la planète. Le Livre Guinness des records (édition de 1974) décrit les murs de Benin City et son royaume environnant comme « les plus grands travaux de terrassement au monde réalisés avant l’ère mécanique ».C’était l’une des premières villes à être fondée et à installer autour de la ville un semblant d’éclairage public avec des lampes métalliques massives, de plusieurs pieds de haut.
En 1691, le capitaine naval portugais, Lourenço Pinto, observait : « Le Grand Bénin, où réside le roi, est plus grand que Lisbonne. Les routes sont droites et se profilent à l'horizon. Les maisons sont immenses, surtout celle du roi, qui est richement décorée et possède de belles colonnes. La ville est riche et industrieuse. Elle est si bien réglementée que la criminalité est inconnue et les gens vivent dans une telle sécurité qu’ils n’ont pas de portes pour rentrer chez eux. Dans son récit personnel, Olfert Dapper, visiteur néerlandais du XVIIe siècle, écrit : « Les maisons sont construites le long des rues en ordre, les unes près des autres. Ornée de pignons et de marches... Elles sont généralement larges avec de longues galeries à l’intérieur, surtout dans le cas des maisons de la noblesse, et divisées en plusieurs pièces qui sont séparées par des murs en argile rouge, très bien érigés.« [Les murs sont] aussi brillants et lisses au lavage et au frottement telle la craie [...] et ils sont comme des miroirs. Les étages supérieurs sont faits du même type d’argile. De plus, chaque maison est équipée d’un puits pour l’approvisionnement en eau douce », a-t-il poursuivi.
La planification et la conception de Benin City ont été faites selon des règles minutieuses de symétrie, de proportionnalité et de répétition, maintenant connues sous le nom de « conception fractale ». L’ethnomathématicien Ron Eglash (l’étude de la relation entre les mathématiques et la culture) a discuté de l’aménagement prévu de la ville, commentant que « lorsque les Européens sont arrivés pour la première fois en Afrique, ils considéraient l’architecture désorganisée et donc primitive. Il ne leur est jamais venu à l’esprit que les Africains utilisaient peut-être une forme de mathématiques qu’ils n’avaient même pas encore découverte.
La grande ville du Bénin s'est perdue dans l’histoire après avoir commencé son déclin au 15ème siècle. Ce déclin a été déclenché par des conflits internes aux frontières de l’Empire du Bénin, liés à l’intrusion européenne croissante et au commerce esclavagiste.
En 1897, lors d'une expédition punitive de l'empire britannique, les murailles du Bénin, l’une des anciennes merveilles architecturales de l’Afrique, furent incendiées. Cet acte choquant a détruit une majeure partie de l’histoire du Bénin et la preuve antérieure de sa richesse. La ville a été pillée, dynamitée et détruite par les troupes britanniques.
Malheureusement, les ruines restantes n’ont été ni entretenues ni restaurées. Le seul vestige restant est une maison à Obasagbon qui se compose d’une cour connue sous le nom de maison du chef Enogie Aikoriogie. La maison présente des caractéristiques qui rappellent les décorations sculptées observées dans l’architecture béninoise ancienne.
Ne laissons pas l’un des plus grands monuments construits par l’homme au monde abandonné. Partagez son histoire et continuons à valoriser ce patrimoine.
Source: TheAfricanHistory.com
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