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histoire

Le film "The Woman King" inspiré par les Ahosis du Dahomey

9 Octobre 2022 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #cinema, #histoire, #benin, #afrique, #FR

Le film "The Woman King" retrace l'histoire extraordinaire des Ahosis, une unité de guerrières qui protégèrent le royaume du Dahomey au XIXème siècle en Afrique de l'Ouest. Leurs aptitudes et leur fureur n'ont jamais trouvé d'égal.

Les Amazones du Royaume du Dahomey

Les Amazones du Royaume du Dahomey

Les Ahosis, ou Minos étaient un régiment militaire de femmes du peuple Fon. Elles constituaient l'armée du royaume du Dahomey, l'actuel Bénin. Ahosi veut dire en langue Fon épouse du roi, et Minos nos mères. Celles que les européens appelaient amazones étaient formées à combattre et à tuer. C'était des combattantes sans pitié.

L’ascension du royaume du Dahomey

Jusqu’à ces dernières décennies, la grande majorité des représentations de la culture populaire de l’Afrique ont caractérisé le continent comme un milieu agraire non civilisé avant l’arrivée d’Européens comme l’explorateur portugais Henri le Navigateur au 15ème siècle. Au contraire, de puissantes civilisations anciennes ont prospéré sur tout le continent, y compris la terre préhistorique de Pount et les royaumes d’Axoum et de Nubie dans le nord-est de l’Afrique; les empires ouest-africains des Ashanti, du Mali et des Songhaï; et le Royaume du Zimbabwe.

En Afrique de l’Ouest, le Dahomey s’est taillé un héritage d’une puissance indélébile. Le royaume a établi un gouvernement bien organisé dans lequel le roi était considéré comme semi-divin et avait un contrôle absolu sur les affaires économiques, politiques et sociales. Il était soutenu par un conseil de fonctionnaires choisis dans la classe des roturiers en raison de leur allégeance au roi et de leur engagement envers le développement de la nation.

Origines des guerrières du Dahomey

Un récit de leurs origines soutient qu’elles étaient des chasseuses d’éléphants qui servaient sous le roi Houegbadja, le troisième roi du Dahomey, d’environ 1645 à 1685. Connu sous le nom de Gbeto en langue Fon, elles « chassaient toutes sortes de gibier, y compris les éléphants, les animaux les plus précieux et les plus difficiles à tuer ». Les Gbeto sont alors intégrés dans l’armée de femmes soldats. Elles portaient des chemisiers et des shorts marrons et bleus jusqu’aux genoux.

Ces combattantes étaient également connues sous d’autres noms dans les langues Fon, y compris Agojie, Agoji, Mino ou Minon. Mais l’histoire d’origine dominante des guerrières du Dahomey est que le groupe a été formé à la demande de la reine Hangbe, fille de Houegbadja, qui a accédé au pouvoir après la mort de son frère jumeau Akaba dans des circonstances mystérieuses au début des années 1700. Le fait que Hangbe ait amassé un escadron de femmes prêtes à mourir pour la protéger et protéger leur royaume était un exploit impressionnant dans la société profondément patriarcale du Dahomey. Ces combattantes n’étaient pas des concubines ou des servantes obligées de s’en remettre aux caprices de n’importe quel homme. Elles étaient réputées pour leur zèle et leur férocité. Les plus redoutables étaient armés de fusils. Il y avait aussi des chasseuses et des espionnes. Elles s'entrainaient régulièrement pour être physiquement et mentalement aptes au combat. Elles chantaient : « Les hommes, les hommes restent ! Que les hommes restent ! Puissent-ils cultiver du maïs et faire pousser des palmiers... Nous allons à la guerre. » Lorsqu’elles n’étaient pas au combat, elles gardaient les palais royaux d’Abomey et cultivaient des fruits et des légumes. ElIes pouvaient aussi prendre des captifs à vendre comme esclaves.

Inspiré de faits réels, The Woman King suit le destin épique de la Générale Nanisca, qui entraîne une nouvelle génération de recrues et les prépare à la bataille contre un ennemi déterminé à détruire leur mode de vie, voir la bande annonce du film ci-dessous.

 

Source: National Geographic

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Yasuke, le premier samouraï noir du Japon

5 Octobre 2022 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #yasuke, #FR, #histoire

Yasuke, le premier samouraï noir du Japon

Yasuke était un homme africain d'une stature imposante, devenu le premier samouraï noir de l’histoire japonaise au 16ème siècle.

 

Certains historiens pensent que le nom Yasuke proviendrait du nom hébreu Issac. Yasuke était considéré comme un fervent partisan de la tribu Jaang, également appelée Dinka. Dinka correspond à la région actuelle du Soudan du Sud.

 

Selon une enquête menée en 2013 par Discovery of world’s mysteries, le programme télévisé suggère que Yasuke s’appelait initialement Yasufe et qu’il appartenait à la tribu Makua. Le nom Yasufe serait dérivé du Mozambique et se traduit par Issufo. Cependant, cette affirmation n’a généralement pas été acceptée par les journalistes et les historiens qui croient qu’il n’y avait pas de contact substantiel entre les Makuas et le monde extérieur à cette époque. Le premier contact enregistré entre les Makua et le monde extérieur a eu lieu en 1857, lorsque les Portugais ont largué les amarres au Mozambique alors que Yasuke serait  probablement né dans les années 1550.

 

Enfant, Yasufe aurait été enlevé, réduit en esclavage et vendu à des commerçants portugais. Il serait par la suite devenu soldat ou combattant et aurait probablement obtenu au moins une émancipation provisoire. Il entra au service d’Alessandro Valignano, un missionnaire jésuite italien, et rejoignit Valignano lors de sa mission au Japon en 1579 en tant que garde du corps. Il semble avoir compris la langue rapidement. En 1581, Yasuke fut présenté à Oda Nobunaga, le seigneur japonais qui était sur le point de fédérer le Japon.

 

Nobunaga, qui aimait la mode européenne et les connaissances étrangères, était intriguée par la couleur de la peau de Yasuke. Il n’avait jamais vu un homme noir auparavant et a d’abord supposé que la couleur était une sorte d’encre qui s’estomperait. Nobunaga fut tellement impressionné par Yasuke qu’il le prit à son propre service et fit de lui un samouraï à part entière, avec sa propre maison et ses serviteurs. Yasuke combattit avec Nobunaga à plusieurs reprises, sa dernière bataille étant quand Nobunaga fut contraint de commettre un seppuku rituel. Cependant, Yasuke ne sera pas tué mais renvoyé à la mission jésuite. C’est la dernière mention certaine de Yasuke dans les documents historiques.

 

Son histoire a inspiré histoires, documentaires et plus récemment une série animée produite par le dessinateur et réalisateur LeSean Thomas et le studio d'animation japonais MAPPA, disponible sur Netflix.

 

Cliquez ci-dessous pour voir la bande annonce en VO.

 

Source: Kintaro-publishing.com

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Elizabeth Dido Belle, noire et aristocrate dans une société esclavagiste

2 Octobre 2022 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #histoire, #FR

Portrait de Dido Elizabeth Belle et de sa cousine Elizabeth Murray par David Martin

Portrait de Dido Elizabeth Belle et de sa cousine Elizabeth Murray par David Martin

Dido Elizabeth Belle est connue pour le tableau de 1779 de David Martin, la représentant aux côtés de sa cousine, Lady Elizabeth Murray, la petite-nièce de William Murray, le premier comte de Mansfield. Le comte, également connu sous le nom de Lord Mansfield, était à l’époque le juge en chef d’Angleterre et du Pays de Galles, par conséquent le plus grand juriste de Grande-Bretagne.

Elizabeth Belle, appelée Belle, est née en juin 1761. Son père, John Lindsay, était un jeune officier de marine britannique et neveu de Lord Mansfield, tandis que sa mère, dont on pense que le nom est Maria Bell, était esclave aux Antilles. On ignore l’année de rencontre de ses parents, on ne sait non plus si leur relation était consensuelle. Les actes de baptême de Belle ne donnent aucune information sur son père, ce qui indique qu’elle était considérée comme une enfant illégitime. À la mort de Maria Bell, John Lindsay demande en 1766 que Belle soit confiée à son oncle, Lord Mansfield, qui élevait déjà sa jeune petite-nièce, Elizabeth Murray, en raison du décès de sa mère et du service de son père à la Couronne en tant qu’ambassadeur d’abord en Autriche et plus tard en France. L’ajout de Belle à la maison de Lord Mansfield permit à Elizabeth Murray d'avoir une compagne de jeu. 

Dido a clairement été élevé comme une dame dont nous connaissons les nombreux talents comprenant la musique et l’écriture. Sa belle écriture a conduit Lord Mansfield à souvent lui demander d’écrire ses lettres dictées, un rôle plus souvent assumé par un commis masculin. Cela montre non seulement la confiance que Lord Mansfield avait en Dido, mais aussi la relation qu’ils ont dû partager. Cela aurait également signifié que Dido était parfaitement consciente des nombreux cas que Lord Mansfield se trouvait à présider. Rien de plus pertinent que l’affaire Somerset v Stewart de 1772, qui a vu un propriétaire d’esclaves souhaiter renvoyer son esclave évadé (mais maintenant capturé) en Jamaique pour y être vendu. Les historiens ont débattu sur la question de savoir si la relation de Lord Mansfield avec Dido avait influencé sa position de quelque manière que ce soit, ayant alors statué en faveur de l’ex-esclave, déclarant que l’esclavage était « si odieux, que rien ne peut le justifier». On se souvient souvent de cette décision historique comme du début de la fin de l’esclavage en Grande-Bretagne, bien qu’il faille attendre 1833 avant qu’il ne soit complètement aboli.

À l’âge adulte, Dido gérait les cours laitières et avicoles du domaine. Le meilleur aperçu de la vie de Belle avec Lord Mansfield vient de Thomas Hutchinson lors de sa visite de Kenwood House en 1779 alors qu’elle avait environ 18 ou 19 ans. Alors qu’il dînait avec Mansfield, Hutchinson fut surpris de voir Belle, une femme d’ascendance noire, assise avec les dames en train de boire du café et plus tard de se promener avec une autre femme. Un invité américain a rapporté, cependant, que Belle n’était pas autorisée à dîner avec la famille lorsqu'elle recevait des invités.

Après la mort de son père, elle reçut mille livres. Dans la nécrologie de son père, parue dans le London Chronicle, elle était mentionnée comme ayant un tempérament aimable et des qualités qui lui ont valu le plus grand respect. (London Times, 9 juin 1788, 555)

En 1784, Belle assista à la mort de Lady Mansfield et l’année suivante au mariage de Lady Elizabeth Murray avec un cousin éloigné, George Finch Hatton. Elle resta cependant à Kenwood House pendant près d’une décennie, quittant finalement le domaine à la mort de Lord Mansfield en 1793.

Lorsque son grand-oncle mourut, il lui laissa également 500 livres et 100 livres supplémentaires par an à vie.

Le 5 décembre 1793, Dido Belle épousera John Davinier, un intendant français avec qui elle aura trois enfants, les jumeaux Charles et John, baptisés en 1795, et William Thomas, baptisé en 1802. Elle décèdera cependant quelques années plus tard, en 1804, de mort naturelle, à approximativement 43 ans. 

L'histoire de la vie de Dido Belle, incarnée au cinéma par l'actrice britannique et sud-africaine Gugu Mbatha-Raw, a été scénarisée par la cinéaste ghanéenne Amma Asante en 2013 dans le film "Belle" qui a connu un franc succès Voir ci-dessous la bande annonce en VO.

Sources: history.co.uk; blackpresence.co.uk

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La reine africaine Amanirenas qui défia l’Empire romain

12 Août 2022 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #FR, #blackhistory, #histoire, #afrique

Artwork by SIRIUS UGO ART

Artwork by SIRIUS UGO ART

Le légendaire empereur romain César Auguste était sur l’île grecque de Samos, se préparant à une importante expédition en Syrie, quand il reçut des envoyés du royaume de Kush, dans l’actuel Soudan. La journaliste Selina O’Grady rapporte dans son livre 'Et l’homme créa Dieu' que les ambassadeurs présentèrent à Auguste un paquet de flèches d’or avec ce message : « La Candace vous envoie ces flèches. » (Candace était l’orthographe latinisée de Kandake, le terme koushite pour « reine ».) Ils ajoutèrent que l’empereur avait deux choix d'interprétaiton pour cette offrande: « Si vous voulez la paix, ils sont un gage de sa chaleur et de son amitié. Si vous voulez la guerre, vous en aurez besoin. »

Pour une reine africaine, donner un tel ultimatum à l’homme le plus puissant du monde aurait été considéré comme une insulte grave. Après tout, Auguste avait presque à lui seul transformé Rome d’une république en un empire, et le territoire sur lequel il régnait maintenant s’étendait aussi loin que le nord de l’Espagne, jusqu’à certaines parties de l’Europe centrale et jusqu’en Égypte. Ses légions portaient des cuirasses en bronze et brandissaient des lances, des épées et des javelots, tous bien supérieurs aux hachettes que les Kushites portaient comme armes. De plus, Kush possédait de nombreuses ressources naturelles – telles que des mines d’or, du fer et de l’ivoire – qui auraient pu enrichir les trésors de Rome, incitant Auguste à attaquer, même sans l’insulte.

Mais cette reine koushite – que le géographe et historien grec Strabon d’Amasia décrivait comme « une sorte de femme masculine et aveugle d’un œil » – s’était avérée être une ennemie redoutable pour le « fils de Dieu », le titre donné à César Auguste sur les pièces de monnaie romaines. Il reçut le paquet de flèches des envoyés et signa rapidement un traité de paix. En vérité, il ne s’agissait pas tant d’un traité que d’une reddition. Auguste se soumit à toutes les demandes de la reine Amanirenas, y compris que les Romains se retirent de tous les territoires koushites qu’ils avaient occupés et promettent qu’ils ne chercheraient plus jamais à collecter des impôts ou des tributs de son royaume. C’était une concession remarquable pour l’homme le plus puissant du monde, démontrant à quel point la reine borgne était vraiment crainte et respectée.

photo credit : the African History Channel

photo credit : the African History Channel

Qui était la reine Amanirenas?

La reine Amanirenas régna sur la Nubie de 40 av. J.-C. à 10 av. J.-C. Son trône était dans la ville de Méroé, et de là, elle et son mari, le roi Teriteqas, présidaient le riche royaume. L’or, une denrée trouvée dans les déserts nubiens et très prisée par les Égyptiens, était d’une grande importance. Pour satisfaire les exigences de leur population friande de luxe, les Égyptiens dépendaient fortement du commerce avec Méroé, que la reine Amanirenas contrôlait. Son palais labyrinthique, avec des salles voûtées en briques massives bordées de feuilles d’or, était un entrepôt rempli de grands blocs de défenses d’or et d’ivoire. Elle troquait ses trésors contre des biens en provenance d’Égypte, notamment du tissu, du maïs, des bols en bronze et de la verrerie.

Mais 10 ans après le début du règne d’Amanirenas, le paysage politique changa quand Auguste prit le contrôle de l’Égypte. Il se proclama empereur et établit l’Égypte comme province romaine. Il était maintenant aux portes de la reine Amanirenas. Avant de quitter l’Égypte pour poursuivre sa quête pour s’emparer de plus de territoires, Auguste nomma un collègue militaire nommé, Gaius Cornelius Gallus, qui revendiqua l’île de Philae après la rebellion des Égyptiens du sud . La reine Amanirenas accepta à contrecœur l’annexion d’une partie de son royaume. Reconnaissant la suprématie militaire des légions romaines, elle vit qu’il n’était pas encore temps de se battre. Au lieu de cela, elle surveilla de près les mouvements de l’ennemi.

En 26 av. J.-C., l’empereur Auguste nomma Aelius Gallus, un autre chevalier romain, comme prochain préfet d’Égypte. Gallus s’était à peine installé que l’empereur lui ordonna d’entreprendre une expédition militaire en Arabie. Trois légions complètes, environ 15 000 soldats en tout, avaient été postées en Égypte pour sécuriser la province, mais sous le commandement d’Auguste, beaucoup furent transférées en Arabie pour aider à sécuriser ce nouveau territoire nouvellement. Cela donna à la reine Amanirenas l’occasion de défier la puissance de Rome. Alors que les troupes romaines s'étaient retirées d’Égypte, la reine Amanirenas mobilisa son armée pour libérer son peuple, au nord, de l’autorité romaine. Avec le roi Teriteqas, ils commandèrent une armée de 30 000 guerriers de Kush, marchant le long des vasières du Nil jusqu'en Égypte. L’historien Cassius Dio raconte dans Histoire Romaine que l’armée méroïtique « avança jusqu’à la ville appelée Éléphantine, avec Candace comme chef, ravageant tout ce qu’elle rencontrait ». Ils se retirèrent ensuite vers le sud avec du butin, des prisonniers romains et des milliers de captifs égyptiens. Comme dernière insulte, ils arrachèrent et emportèrent la tête d’une statue d’Auguste. En rentrant chez elle à Méroé, la reine Amanirenas prit la tête de bronze et l’enfouit sous les marches d’entrée d’un temple dédié au dieu Amon. Selon David Francis, un agent d’interprétation au British Museum, « en enterrant la tête, les Méroites veillèrent à ce que tous ceux qui entraient dans le bâtiment piétinent cette image de l’empereur Auguste sous leurs pieds ».

C’était le rappel quotidien que la reine avait triomphé de l’homme le plus puissant au monde.

Source: The One-Eyed African Queen Who Defeated the Roman Empire, Adhiambo Edith Magak - Narratively

 

La reine africaine Amanirenas qui défia l’Empire romain
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Le film documentaire African Apocalypse

14 Juillet 2022 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #FR, #histoire, #afrique

African Apocalypse est un film de Rob Lemkin, avec Femi Nylander produit en 2020. Il retrace l’histoire du colonialisme d’un peuple sous la forme d’un voyage épique.

L’activiste nigérian britannique Femi Nylander attire l’attention sur les victimes oubliées de l’atrocité coloniale dans un nouveau film, « African Apocalypse », du réalisateur primé Rob Lemkin.

Armé d’une copie du roman classique controversé de Joseph Conrad Heart of Darkness (1899), Nylander part à la recherche de l’héritage de l’horreur coloniale en Afrique de l’Ouest et déterre sa réalité choquante. 'African Apocalypse' suit les traces du commandant militaire colonial français Paul Voulet, qui a conduit une expédition militaire du lac niger au Tchad en 1899. Sous son commandement, des dizaines de milliers de personnes ont été massacrées au nom de la domination impériale. Alors que les communautés dévastées par une atrocité centenaire s’expriment pour la première fois, Nylander soulève des questions sur le racisme et les héritages colonials en cours.

La version originale du film est en anglais avec beaucoup d'intervention de la population locale en français. Le film est également maintenant disponible en hausa et sous-titré en anglais. Cliquez ci-dessous pour voir la bande annonce en hausa.

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Le bataillon 6888

4 Juin 2022 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #histoire, #FR

Source : Web

Source : Web

Le 6888th central post directory battalion, également connu sous le nom de « six triple eight » était le seul groupe de femmes afro-américaines à servir outre-mer pendant la Seconde Guerre mondiale. Créé en 1944, il comprenait 824 femmes noires et 31 officiers du corps des femmes de l’armée, des forces de service de l’armée et des forces aériennes de l’armée.

En Europe, le bataillon a trié et acheminé le courrier de plus de 4 millions de militaires et de civils américains. En plus de servir de modèle à des générations de femmes noires qui se sont enrôlées dans l’armée par la suite, on lui a également attribué la résolution d’une crise croissante du courrier en raison d’une pénurie d’agents postaux.

Malgré leurs efforts, les femmes ont été victimes de traitements racistes et sexistes, y compris « l’hostilité et les rumeurs contestant leur caractère propagées par des soldats  qui n’appréciaient pas le fait que les femmes noires soient autorisées à entrer dans l’armée », selon le Centre d’histoire militaire de l’armée américaine.

Sur les 850 membres de l’unité, seuls six sont encore en vie.

Dans une déclaration de la représentante du Wisconsin, Gwen Moore, a fait l’éloge des exploits du bataillon pendant la guerre. « Confrontées à la fois au racisme et au sexisme dans une zone de guerre, ces femmes ont trié des millions de courriers, comblant ainsi d’énormes arriérés de courrier et s’assurant que les militaires recevaient des lettres de leurs proches. Une médaille d’or du Congrès est appropriée pour ces anciennes combattantes qui ont reçu peu de reconnaissance pour leur service après leur retour chez elles », a déclaré Moore. Le sénateur du Nevada Jacky Rosen, membre du comité des forces armées du Sénat, a présenté le Six Triple Eight Congressional Gold Medal Act avec le sénateur du Kansas Jerry Moran et a applaudi Biden pour l’avoir promulgué. « Elles méritent les plus grands honneurs de notre nation pour leur service. [...] et je suis fière de voir le président Biden signer notre législation bipartite », a déclaré Rosen. Brenda Partridge-Brown, la fille du membre du bataillon Willie Bell Irvin, a déclaré à ABC News que les femmes n’avaient jamais été honorées comme il se doit.« Cela est d'une importance majeure pour moi de savoir que le service de ma mère n’a pas été vain », a-t-elle déclaré. 

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La création de la Coupe d'Afrique des Nations

8 Janvier 2022 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #sport, #FR, #afrique, #histoire

L'origine de la Coupe d'Afrique des nations remonte à juin 1956, lorsque la création de la CAF est proposée durant le troisième congrès de la FIFA à Lisbonne par l'intermédiaire de l'Égyptien Abdelaziz Abdellah Salem. Celui-ci est débouté de sa demande sur la base du faible nombre de membres africains participants (quatre à l’époque). Abdelaziz Abdellah Salem décide alors de quitter le congrès en disant : « Si nous ne sommes pas tous traités ici sur le même pied d'égalité, il n'est nullement question de notre présence parmi vous. » ; il est accompagné, par solidarité, par le Soudanais Mohamed Abdelhalim. La FIFA aurait alors revisé favorablement la demande.

Immédiatement, le projet de créer une compétition continentale se met sur pied, dont l'appellation adoptée est « Coupe d'Afrique ». En février 1957, la première édition de la coupe d'Afrique voit donc le jour à Khartoum au Soudan, inaugurée par le premier ministre soudanais Sayed Ismail El Azhari, après la construction d'un stade d'une capacité de trente mille places. Le règlement d'alors stipule que seuls les joueurs évoluant dans leur pays peuvent disputer la compétition.

Cette 1ère édition se déroule sans aucune phase éliminatoire, et réunit les quatre nations fondatrices de la CAF : le Soudan, l'Égypte, l'Éthiopie et l'Afrique du Sud. Toutefois, l’Afrique du Sud refuse d'envoyer une équipe multiraciale à cette compétition en raison de l’apartheid qui sévit et divise le pays, entraînant sa disqualification. Seuls deux matchs ont donc lieu. Le premier match étant la demi-finale, opposant le Soudan à l'Égypte, remportée par cette dernière sur le score de 2-1. Le deuxième match étant la finale entre l'Éthiopie et l'Égypte remportée par les égyptiens 4-0. L'Égypte devient donc le premier champion d'Afrique de l'histoire et reçoit le Trophée Abdelaziz Salem.

Les fondateurs de la Coupe d'Afrique

Les fondateurs de la Coupe d'Afrique

S’ensuivra des compétitions biennales sous la même forme jusqu’en 1982 où le règlement se met en conformité avec celui de la FIFA et stipule que « tout joueur, citoyen d'un pays en vertu des lois de ce pays, est qualifié pour jouer en équipe nationale ou représentative de ce pays » permettant à la compétition d'améliorer nettement son niveau de jeu par l'intermédiaire de ses professionnels mondiaux. La Coupe d’Afrique de 1982 se tient en Lybie. Au cours de la cérémonie d'ouverture, Mouammar Kadhafi, prononce un discours d’envergure politique dénonçant notamment la politique française au Tchad et l'impérialisme américain à travers l'Afrique et prônant l’unité de l’Afrique.

Autre moment clef de l’histoire de la Coupe d’Afrique sera sa 20e édition en 1996 qui voit la réapparition de l’Afrique du Sud, gouvernée par Nelson Mandela après des décennies d'exclusion due à l'Apartheid. Elle se tient d’ailleurs en Afrique du Sud après le refus du Kenya de l'organiser faute de moyens. Le nombre de participants à la phase finale passe à seize, les équipes sont regroupées en quatre groupes. Seules quinze nations participent en raison du retrait du Nigeria pour des raisons politiques. Les Bafana –Bafana (surnom de l'équipe d'Afrique du Sud) remportent leur premier titre sur leurs propres terres, en battant la Tunisie en finale.

Depuis 2016, la Coupe d'Afrique est dénommée "Coupe d'Afrique des Nations Total", Total étant le sponsor officiel du football africain pour les 10 années qui s'ensuivent.

Le pays actuellement détenteur du trophée est l’Algérie depuis 2019. La CAN 2021 a été reportée à cette année. Elle se tient au Cameroun avec 24 équipes participantes et démarre aujour'hui dimanche 9 janvier 2022.

 

Cliquez sur le lien ci-dessous pour faire vos pronostics pour la CAN 2022!

Matchs – LA VOIX NOIRE

 

Où regarder la CAN 2022 ?

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Une reine africaine des temps modernes

12 Mars 2021 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #patrimoine culturel, #2021, #histoire, #FR, #queendiambi, #carosika, #afroculture, #rdc

Cette semaine, dans la rubrique 'Patrimoine Culturel', découvrez la Reine Diambi Kabatusuila Muata Tshiyoyo de la République démocratique du Congo.

Une reine africaine des temps modernes
Reine Diambi Kabatusuila a été couronnée 'souverain traditionnel' du peuple Bena Tshiyamba du Bakwa Indu de la région centrale du Kasaï, qui fait partie de l’ancien Empire Luba en République démocratique du Congo, le 31 août 2016.
 
Le 3 mars 2019, la reine a été couronnée à Salvador de Bahia, reine mère du peuple bantou du Brésil, diaspora africaine historique où elle a reçu le titre de Grande Mãe do Povo Bantu Bazileiro par le Parlement brésilien en mars 2019.

La reine Diambi est notamment titulaire d’un doctorat en administration publique, d’un doctorat Honoris Causa de philosophie en sciences humaines, d’un poste de professeur en droit international et de l’ordre et d’une maîtrise en psychologie appliquée.

Queen Diambi oeuvre notamment pour la renaissance culturelle de l'Afrique.

Cliquez pour visionner son interview avec notre médiatrice culturelle Caro Sika à Africa Fashion Week London.

Retrouvez également Queen Diambi en images pour le plaisir des enfants. Le cahier d'activité ci-dessous a été conçu par Black History Activity Books.

(Ce livre n'est disponible qu'en version anglaise).

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LES 7 PRINCIPES DE KWANZAA

20 Décembre 2020 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #kwanzaa, #panafricanisme, #histoire, #afroculture, #FR, #2021, #afrocultureblog

LES 7 PRINCIPES DE KWANZAA

Kwanzaa se célèbre du 26 décembre au 1er janvier et tire son essence de la notion de famille ainsi que de la culture et la sagesse. Elle a été créée en 1966 par Maulana Karenga, professeur d'Africana Studies, militant des droits civiques et du pan-africanisme. Elle invite tous les afrodescendants à établir leur propre système de valeurs, à partir de leurs propres références et vécus et a pour but de réaffirmer les liens indestructibles entre l'Afrique et toute sa diaspora à travers le monde. Kwanzaa est donc une fête culturelle et non-religieuse et peut être célébrée par tout afrodescendant, quelque soit ses convictions religieuses.


Kwanzaa est un mot de la langue Swahili qui signifie "premiers fruits". Elle se réfère aux fêtes agricoles qui suivent communément les récoltes et donnent lieu aux réunions de famille, aux souvenirs des ancêtres , à l'expression de notre culture traditionnelle de base. Les familles qui la célèbrent allument les bougies noires, vertes et rouges disposées sur un candelabre à sept branches, le Kinara. Le noir symbolise les personnes, le rouge, leur lutte et le vert, l’emblème de l’avenir et de l’espoir né de ce combat (couleurs du nationalisme panafricain).

Continuez à lire ci-dessous pour découvrir les 7 principes:

LES 7 PRINCIPES DE KWANZAA

Les sept bougies de Kwanzaa représentent sept principes fondamentaux appelés en Swahili, Nguzo Saba, ancrés dans la tradition africaine et sur lesquels, tout au long de la semaine, méditent ceux qui célèbrent la fête :

1. L’unité (Umoja en swahili) – unir les familles, les communautés, la nation et le peuple noir au sens large du terme;

 

2. L’auto-détermination (Kujichagulia)– veiller à ce que nous définissions nous-mêmes notre identité et assumions la responsabilité de nos choix et comportements;

 

3. Le travail et la responsabilité solidaires (Ujima) – s’entraider et œuvrer pour renforcer notre communauté et être force de proposition pour résoudre nos problèmes collectivement;

 

4. L’économie solidaire (Ujamaa)– bâtir et soutenir des commerces appartenant à des Afrodescendants et contribuer au développement et à la richesse de notre économie;

 

5. Le but (Nia) – commémorer les cultures, les coutumes et l’histoire africaine afin de restaurer notre peuple à sa grandeur initiale;

 

6. La créativité (Kuumba)– faire preuve d’imagination pour améliorer et embellir notre communauté;

 

7. La foi (Imani)– avoir foi en notre Créateur, notre peuple, nos familles, les dirigeants, les enseignants et les leaders de notre communauté, et leur apporter notre soutien ainsi que croire en la noblesse et la victoire de la lutte pour la cause panafricaine.

 

Et vous, quel principe vous challenge le plus? Quels sont ceux que vous intègrerez à vos résolutions de début d'année?

Sur ce, nous vous souhaitons de belles fêtes de Kwanzaa et une très bonne année.

 

Pour plus d'infos sur Afro Culture, cliquez le lien ci-dessous

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Maurice Bishop Homme politique et révolutionnaire grenadin

29 Mai 2018 , Rédigé par www.afrocultureblog.com Publié dans #histoire, #panafricanisme, #mauricebishop, #FR, #grenade

Maurice Bishop est né le 29 mai 1944 et sera assassiné le 19 octobre 1983.

Maurice Bishop était un révolutionnaire de la Grenade et le leader du New Jewel Movement qui visait à d'accroître les efforts populaires dans les domaines du développement socio-économique de la Grenade, l'éducation et la libération des Noirs.

Maurice Bishop arrivera au pouvoir pendant la révolution du 13 mars 1979 et sera à la tête du gouvernement révolutionnaire du peuple de la Grenade de 1979 à 1983.

Le gouvernement de Bishop instaure la gratuité de la santé, de plus, il fait de la lutte contre l'analphabétisme une priorité et le taux d'analphabétisme passe de 35% à 5%. Pour développer l'économie, il vise à développer le tourisme et relance le projet d'un nouvel aéroport dans le Sud de l'île. 

À partir de 1983, la position de Maurice Bishop se détériore, et il doit accepter de partager la direction du parti avec Coard. Mais à cause de l'opposition entre les deux hommes, ce compromis ne tient pas longtemps. Le 13 octobre, le comité central du New Jewel Movement, dominé par les partisans de Bernard Coard, place Bishop en résidence surveillée. Le 19 octobre de la même année, Maurice Bishop est libéré par une foule de partisans. Mais quelques heures plus tard, l’armée intervient et tire dans la foule, tuant plusieurs personnes. Sommés de se rendre, Bishop et ses fidèles sont arrêtés et immédiatement fusillés. 

 

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